La France, le coeur à gauche.

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Si certains l’ont oublié, l’élection présidentielle est une opportunité offerte à tous les Français de choisir entre deux modèles de société avant de choisir parmi 10 idéologies économiques. Aussi entre l’exclusion et la solidarité, entre le conservatisme et le progressisme, j’ai choisi la gauche, j’ai choisi François Hollande. Et j’y crois.

Malgré les commentaires, malgré les petites déceptions et la fausse inquiétude qui règne ces derniers temps, j’y crois. Aujourd’hui, plus que jamais. J’y crois, surtout, car tout montre que la victoire sera du côté de François Hollande au soir du 6 Mai.

Alors, bien sur, le président sortant a gagné du terrain depuis sa déclaration de candidature et sa stratégie de campagne semble porter ses fruits. Comme promis mais aussi comme prédis, Nicolas Sarkozy est annoncé en tête le soir du premier tour dans beaucoup de sondages. Mais une élection se joue au second tour et sur ce point, nous pouvons avoir confiance en François Hollande.

Il y a la gauche d’abord. Elle totalise aujourd’hui 44% des intentions de vote au premier tour. En 2007, elle avait obtenu 35% et on avait jamais vu la gauche a un niveau aussi haut au premier tour depuis 81 et 88 (respectivement 50 et 45 %). Il y a le Modem aussi. Crédité de 11%, 59% des sympathisants de François Bayrou déclarent vouloir  voter François Hollande au second tour. Et puis, il y a l’extrême droite enfin. Animé par un violent rejet de la politique Sarkozyste, 30% des électeurs du Front National déclarent voter François Hollande au second tour.

Il y a la dynamique aussi. Au delà des scores dérisoires qu’annonçait les instituts de sondages au lendemain des primaires socialistes, François Hollande est resté plutôt constant dans les intentions de votes au premier tour. (entre 27 et 30%). Il a su constituer une base électorale très solide sur tout le territoire comme le montre une récente enquête d’Ipsos ainsi décrite sur lemonde.fr :

Combinant des indicateurs socio-économiques, démographiques mais aussi géographiques l’étude permet de distinguer quatre territoires géographiques et électoraux : la France métropolitaine aisée (25% de la population) qui est celle des grandes métropoles; la France périphérique intégrée (11%) qui regroupe les communes périurbaines ou rurales socialement intégrées ou aisées ; la France métropolitaine fragilisée (16%) qui s’apparente aux banlieues populaires ; La France périphérique fragilisée (48%) qui rassemble des communes périurbaines ou rurales fragiles ou populaires.

Le candidat socialiste a la particularité d’afficher un niveau d’intentions de vote homogène  ( entre 28 et 28,5%) dans trois catégories : la France métropolitaine aisée , la France  périphérique fragilisée et la France métropolitaine fragilisée . Il est plus faible dans la France périphérique intégrée» (25,5%) qui reste dominée par la droite et l’extrême droite .

Mais au second tour, il l’emporterait dans les quatre France avec un score record de 56,5% dans la France périphérique défavorisée mais pas  négligeable dans la France métropolitaine aisée ( 54,5%) .  En 2007,  Ségolène Royal  n’était majoritaire que dans les banlieues.

Et dans le même temps, Mélenchon continu à monter régulièrement dans les sondages, atteignant désormais près de 15% des intentions de vote sans pour autant faire baisser le score de François Hollande. C’est la preuve que le candidat du Front de Gauche mène une campagne citoyenne capable d’aller chercher les abstentionnistes de gauche. C’est une réserve de voix non négligeable pour le second tour.

Ainsi, tous les sondages annoncent François Hollande vainqueur par KO au second tour depuis plus d’un an. Une victoire qui est passé d’un score impossible à tenir (60 – 40) à un score bien plus envisageable (54-46 pour les plus optimistes, 52-48 pour les plus pessimistes). A 5 semaines du premier tour, l’histoire montre qu’un retournement de situation n’est plus envisageable pour le président sortant.

Il y a, aussi, tout ce que les sondages n’évaluent pas. Or la gauche a choisi le terrain quand la droite a choisi les médias. Aussi, si l’on a vu plus souvent Sarkozy dans les médias depuis sa déclaration de candidature, c’est surtout parce que toute la gauche est mobilisée, chaque soir et chaque week-end sur les marchés et dans les immeubles, en porte à porte. Or, on le sait, si la campagne de terrain a beaucoup moins d’impact sur les médias (télévisuels surtout), elle est aussi beaucoup plus efficace. Cette stratégie qui consiste à aller convaincre directement de 5 millions de personnes a peu d’impact aussi sur les sondages. Elle a pourtant prouvé son rendement en 2008 aux États Unis.

Et enfin, il y a l’histoire. Elle nous montre d’abord que si les sondages se sont parfois trompés de quelques points, ils ont toujours prédis l’élection du vainqueur. (Y compris en 2002). Elle nous montre aussi que la situation de Nicolas Sarkozy est tout à fait prévisible. Le président sortant, fort de sa stature, est toujours arrivé en tête au premier tour. Mais l’histoire montre aussi qu’aucun président de la Vème République n’a été réélu sur son propre bilan : Chirac a été réélu en 2002 sur le bilan de Lionel Jospin et Mitterrand l’a été en 88 sur le bilan de Chirac. Seul Charles de Gaulle fait exception à cette règle en ayant été réélu sous une autre forme de scrutin en 1965, mais démissionnaire 4 ans plus tard.

Cette dure réalité, la droite la connaît. Et elle panique. On l’a vu à de nombreuses reprises durant la campagne mais la panique est flagrante quand il s’agit du programme de Nicolas Sarkozy.

Sans doute persuadée que François Hollande ferait l’erreur de tirer toutes ses cartouches avant le début du mois d’Avril, l’UMP semble avoir repoussé toujours plus l’annonce du programme de Nicolas Sarkozy. Et après une première tentative sur l’éducation largement occultée par la proposition du candidat socialiste de taxer à 75% les revenus de plus d’un million d’euros, l’UMP n’a pas eu d’autre choix que de repousser encore ses annonces. Or, à 3 semaines du premier tour, la rumeur court que le programme de la droite pourrait tomber dans les jours qui arrivent. Une sortie à la hâte, pressé par le temps, après avoir tant attendu une erreur de François Hollande qui n’est finalement jamais arrivée. Reste que le candidat socialiste a su économiser son temps de parole de sorte à être réactif durant les 3 prochaines semaines si besoin.

 

 

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