L’insulte d’Emmanuel Zemmour, président de l’unef, aux étudiants salariés.

Emmanuel Zemmour, actuel président de l’Unef, l’un des syndicats étudiants de gauche, publie ce mois-ci un article titré « Le salariat étudiant, voilà l’énnemi » dans la revue fOrum du syndicat Force Ouvrière.

Dans cette article misérabiliste sans communes mesures, Emmanuel Zemmour fait l’apologie de la sacro-sainte lutte contre le salariat étudiant que mène son syndicat depuis près de 20 ans. Écrit et pensé pour servir d’argumentaire aux quelques militants de l’unef, le texte prend la forme d’une doctrine construite autour de référence politique d’un autre temps. L’objectif est double. Le premier est de trouver un coupable qui expliquerait tous les échecs de l’université. Le second est de justifier la proposition de mise en place d’un « statut étudiant », c’est à dire finalement, trouver une excuse a la paresse intellectuelle qui conduit les responsables politiques de l’organisation à emprunter une proposition faite par le Parti Communiste il y a 60 ans.

Ainsi, Emmanuel Zemmour s’efforce d’expliquer tout au long du texte pourquoi il n’y a « pas d’autres alternatives » que le salariat quand on est étudiant et a quel point « les étudiants doivent se voir conférer un statut social qui les prémunisse contre le risque de précarité ». En réalité le syndicaliste, visiblement en manque d’inspiration, se contente d’opposer systématiquement l’étudiant à tout ce qui l’entour. Sa famille d’abord. Puis ses camarades étudiants, ses professeurs, les salariés, les patrons, et finalement toute la société. Continue reading

Évaluation des enseignants : des charcutiers qui évaluent des boulangers.

Branle-bas de combat ! Tout le monde sur le pont !

Demain, l’école publique se met une nouvelle fois en Rêve pour dénoncer le projet de réforme d’évaluation des enseignants annoncé par Luc Chatel, ministre de l’école Républicaine qui n’en aura bientôt plus que le nom tant la droite s’acharne à démolir tous les principes d’égalité qui la compose. Car comme à chaque fois lorsqu’il s’agit de la droite, l’objectif est double. Celui qu’on annonce et celui qu’on cache.

Le premier est très clair et sert à justifier l’ensemble des pilules réformes que la droite a entreprises depuis 2008 : faire des économies. Le second est plus dissimulé, quoi que bien mal caché : appliquer à l’éducation ce qu’on a appliqué à l’enseignement supérieur, c’est à dire l’autonomie. Autonomie qui n’est rien d’autre d’une self-gouvernance ayant pour but de réduire à l’individu le moindre acquis collectif et ainsi appliquer de façon tout à fait stricte la logique libérale qui, lorsqu’elle est appliquée à tord et à travers, conduit de fait aux pires inégalités.

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Marine Le pen : Le droit ou l’occasion de s’exprimer?

« Adversaire de la démocratie, du parlementarisme, de l’individualisme, de la société libérale héritée du 19ème siècle, du capitalisme et de la liberté économique, du socialisme et du marxisme, le fascisme mussolinien est autoritaire, nationaliste, a recourt à la violence et ne croit pas en l’égalité des êtres humains. » [Wikipedia]

La venue de Marine Le Pen à  l’Université Paris-Dauphine a récemment provoqué de vives réactions de la part de SOS Racisme, de l’UEJF, de la Confédération Étudiante et de l’unef qui l’ont empêché d’entrer dans l’université pour participer à un débat organisé avec l’association Dauphine Discussion Débat (DDD). L’occasion de relancer le débat sur la liberté d’expression et la meilleure façon de lutter contre les extrêmes.

Ceux qui, d’un côté estime que le FN n’est pas républicain et que par conséquent il ne devrait pas avoir de droit à la parole. Et ceux qui considère que puisque le FN n’a pas été dissout, c’est donc qu’il est dans le débat politique et doit être libre de s’exprimer au nom, justement, de la liberté d’expression inhérente à notre République. A cet argument vient souvent s’ajouter celui de la victimisation du Front National qui jouerait en faveur de Marine Le Pen.

En réalité, la question de la lutte contre les extrêmes en général, le Front National en particulier et Marine Le Pen en très particulier va au delà de cette divergence de point de vue. Je suis persuadé que la lutte contre Marine est une question de responsabilités individuelles et collectives et qu’il faut d’abord et avant tout se rendre compte du caractère bien spécifique du Front National vis à vis de la République.

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Autonomie des universités : vraie question, faux bilan

Plus de 4 ans après la loi LRU sur l’autonomie des universités, les récentes déclarations de Laurent Wauquiez annonçant que «la très grande majorité des établissements est en bonne santé financière» sonnent comme un bilan pré-électoral. Et dans le contexte de crise économique que nous connaissons depuis 2008, la question de l’enseignement supérieur et de la recherche devrait être à nouveau au centre du débat car de cette question fondamentale dépend celle de l’innovation, de l’industrie et du chômage, en particulier des jeunes.

« Réforme phare du gouvernement », la LRU devrait être le fer de lance de la campagne de Sarkozy en 2012. D’autant plus que les phrases toutes faites sont faciles à trouver sur la question de l’autonomie : « J’ai réussi à faire ce dont les socialistes rêvaient depuis 20 ans et qu’ils n’ont jamais eu le courage de faire ». Mais la vie des universités n’est pas si rose et le ministre de l’Enseignement Supérieur n’a pas hésité à remanier les chiffres à coups de baguette magique pour transformer une situation pour le moins inquiétante en un formidable bilan.

S’il existe bien des aspects positifs de nos universités : des étudiants plus mobiles, une attractivité internationale, des prix prestigieux, etc. il y a aussi un revers de la médaille que nous ne pouvons faire semblant d’ignorer : une France classée loin derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou les pays scandinaves dans les classements internationaux, des moyens inadaptés à l’ambition affichée, une profonde dissémination des options et des cursus, un échec massif en premier cycle, une insertion professionnelle à revoir, etc.

Il y a longtemps que le discours misérabiliste selon lequel les échecs de nos universités sont entièrement liés aux manques de moyens ne tient plus, et tout montre que trois conditions sont nécessaires pour assurer de bonnes performances universitaires : des moyens financiers adéquats , une gouvernance conçue autour d’universités autonomes, un système de bourses pour encourager les meilleurs projets. En ce sens il faut aller plus loin encore que ce que propose la LRU dans l’autonomie des universités pour donner plus de dynamisme à nos universités. Mais autonomie ne signifie pas concurrence et encore moins paupérisation. Au travers de cette loi, la droite au pouvoir a confondu autonomie et self-governance, prenant ainsi le risque de collusion entre président et professeurs.

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Le gros Fuck de Guéant aux étudiants étrangers


« Il y a trop d’étrangers en France », « Ils [les étrangers] apporteraient plus à leurs pays en restant chez eux et en produisant de la croissance ». C’est ce type d’éléments de langage largement empruntés à Pétain Marine Le Pen qui ont servi à justifier la parution d’une circulaire relative à la maîtrise de l’immigration professionnelle signée conjointement par notre ministre Frontiste Claude Guéant et notre brave ministre Xavier Bertrand le 31 mai dernier.

L’objectif de cette circulaire adressée aux préfets est d’expliquer aux employés de l’administration française comment exploiter la moindre faille qui pourrait conduire à un refus de l’obtention d’un titre de séjour salarié. Le but n’est d’ailleurs pas caché et s’inscrit dans la ligne politique mise en place depuis 10 ans par la droite : réduire les flux migratoires.

Il y aurait beaucoup à dire sur ce non-sens politique en matière d’immigration et cette circulaire va plus loin encore dans le contresens car elle s’adresse exclusivement aux étrangers venus en France pour travailler, c’est-à-dire la fameuse « immigration choisie » que la droite n’a eu de cesse d’opposer à « l’immigration subie » pour justifier sa politique en matière d’immigration. Pire encore, cette circulaire concerne tout particulièrement les étudiants étrangers venus étudier en France qui voudraient changer de statut pour pouvoir travailler en France. Cette logique de rejet des étudiants étrangers est une aberration politique et économique.

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Un Guéant de “trop”

“Il y a trop d’étrangers en France” – Le ministre de l’intérieur Français, Claude Guéant.

Vu comment s’annonce la campagne présidentielle et vu les récents propos de Claude Guéant j’ai choisi de faire une semaine thématique spéciale La Vague cette semaine sur mon blog.

D’après notre cher ministre de l’intérieur, il y aurait donc “trop” d’étrangers en France. Ainsi, notre Frontiste de service “souhaite comme le gouvernement, comme le Président de la République, que les étrangers qui viennent chez nous soient intégrés, adoptent nos lois, adoptent notre mode de vie”. Cette sortie qui consiste à susciter la haine de l’autre, au prétexte qu’il ne fait pas partie de la “communauté” ou qu’il a – en tout cas – du mal à s’intégrer, intervient juste après les propos sur l’uniforme à l’école et la fraude sociale et s’inscrit donc parfaitement dans le processus qui conduit à l’autocratie, comme le décrit Rainer Wenger.

Il y a quelques mois, Claude Guéant avait déjà agi dans le sens de sa déclaration en rédigeant une circulaire ne permettant plus aux étudiants étrangers d’obtenir un titre de séjour pour travailler en France après l’obtention de leur diplôme.

Le principal argument qu’utilise Claude Guéant est emprunté (encore) au FN. Il consiste à dire que l’intégration des étrangers est trop difficile car trop nombreux. Mais cette logique de la haine à des fins électoralistes est en réalité un aveu d’échec total. Car là où Guéant s’est trompé, c’est qu’il n’a pas eu le courage de tenir l’argumentaire de Marine La Haine jusqu’au bout. Il n’a pas eu les couilles d’assumer ses propos en affirmant carrément que si les étrangers ne s’intégraient pas, c’est parce qu’ils sont étrangers. A cela il a préféré dire : “ils sont trop nombreux”. Dommage. Car un xénophobe, on le condamne pour ce qu’il est. Et puis on dit que c’est un con. Mais Guéant a voulu faire intervenir un élément de logique dans ses propos. Intéressons-nous donc à cette logique de l’intégration.

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Lettre à Claude Guéant

Cher Claude,

Je suis français, né d’un père français quoi que breton et d’une mère française quoi que née en Algérie. Mes grands-parents étaient français. Et il faut au moins remonter à mon arrière-arrière-grand-mère maternelle pour trouver la moindre trace de sang impur espagnol. Je parle et j’écris le français qu’on m’a appris dans un très bon collège privé catholique du 92. Et, puisque je le parle, je le comprends aussi.

J’ai découvert la politique en 2002 en même temps que l’adolescence, c’est-à-dire vers l’âge de 12 ans. De fait, notre ami commun Nicolas m’a tout appris. Il a été un très bon professeur et m’a permis de mieux comprendre le monde qui nous entoure et surtout de mieux identifier les responsables de la crise économique et morale que nous connaissons aujourd’hui : les gauchistes, les journalistes, les Roms, les pauvres, etc.

Mais depuis quelques semaines je doute de mon identité. En effet, comme l’a rappelé notre président, mon identité repose en partie sur ma langue : le français. Pourtant, malgré mes efforts assidus pour toujours mieux maîtriser la langue de Molière, depuis quelques temps j’ai l’impression de ne plus rien comprendre. Les informations se mélangent, tout devient confus et j’ai peur de ne pas bien comprendre ton discours.

Quand notre ami Dominique Tian s’est prononcé en faveur de l’uniforme à l’école et que dans la foulée il a expliqué que ceux sont les pauvres et les étrangers qui sont responsables du déficit de l’État en volant dans les caisses de la sécurité sociale, je me suis dit que c’était sympa de voir un ministre jouer le rôle de Rainer Wenger dans La Vague. Évidemment la bien-pensance de gauche n’a rien compris et s’est offusquée, comme à son habitude. Mais moi, je sais bien que tu n’es pas un fascho. Et c’est toi qui as raison quand tu dis qu’il y a trop de chômage en France et qu’on ne peut pas se permettre d’accueillir plus d’immigrés, même s’ils sont étudiants. Enfin, je crois.

“Je crois”, parce que je ne suis plus sûr de rien ces temps-ci. En effet, j’ai bien écouté tes arguments, mais j’y ai trouvé de nombreuses contradictions…

D’abord, sur les pauvres, j’ai cru comprendre qu’en réalité la plus grosse partie des 20 milliards de fraude social annuelle était due aux entreprises et non aux particuliers. Ensuite, sur les étrangers, j’ai lu 200’000 par an. Mais, d’abord c’est assez peu. Et il paraît même que l’immigration rapporte 12,4 milliards d’euros par an à la France.

Par ailleurs, je note que tu as récemment dit : “les étrangers sont ciblés comme tous les fraudeurs”. Et là encore, j’ai peur de ne pas comprendre. Car si je m’en remets à ma connaissance du français, cela signifie que les étrangers sont des fraudeurs. Or, je n’ose pas penser que tu aies pu tenir pareil propos.

Cela m’amène donc à me poser des questions sur ma capacité à comprendre le français. Car si j’avais tout compris, cela signifierait qu’en réalité tu m’as menti. Que tu as joué avec moi pour me faire peur et m’encourager à voter pour la droite en 2012. Et ça, je n’ose m’y résoudre. Je crois en toi et en déduis donc que c’est moi qui perds une partie de mon identité.

C’est pour moi une contradiction majeure qui m’amène, si je suis tes recommandations, à me haïr moi-même.

Que dois-je faire ?

Cordialement,

Sébastien Le Gall.