J’ai le sentiment d’écrire cette même phrase dans chacun de mes billets mais, définitivement : la droite panique.
Aujourd’hui encore, deux nouveaux sondages donnent François Hollande et Nicolas Sarkozy au coude à coude au premier tour et le premier largement vainqueur au second. 28,5% contre 29% et 55 versus 45 respectivement pour Ipsos. 28 contre 27 et 53 à 47 pour Harris Interactive. “Du jamais vu” affirme Libération d’aujourd’hui.
Alors tous les moyens sont bons à droite pour tenter désespérément d’inverser la tendance. Quitte à salement pourrir la campagne à coup debuzzs faussement montés et de diffamation sur la toile. L’objectif est clair : désintéresser les Français de la seule campagne qui les intéresse encore. Et tout, dans la stratégie de Nicolas Sarkozy, est au service de cet objectif.
Il y a, bien sûr, les dénigrements et le martèlement de mensonges plus ou moins flagrant sur la gauche, son histoire, son bilan et sa capacité de nuisance en matière de comptes publics. La méthode n’a pas changé depuis l’élection d’un autre François en 1981. Et chaque campagne s’avère être une occasion supplémentaire pour la droite d’enrichir les clichés sur la mauvaise gestion faite par la gauche des finances publiques. Ainsi, après avoir clamé que François Hollande mettrait la France dans le même état que la Grèce, l’UMP s’est attaqué à la situation de laCorrèze qui serait 1) catastrophique du fait de la mauvaise gestion du Parti Socialiste, et 2) un aperçu de ce que ferait François Hollande à la France. Il suffit pourtant de jeter un œil, ci-dessous et ici, pour constater que tout cela est bien loin de la réalité : en effet, “la dette du département augmente moins vite sous Hollande que sous son prédécesseur UMP: de 258 à 346 millions d’euros de fin 2007 à fin 2010, alors qu’elle était passée de 106 à 258 millions de fin 2004 à fin 2007.” 
On voit également les différentes personnalités de droite défiler dans les médias en expliquant, comme en 1995, en 2002 et en 2007, que la gauche n’a pas de programme, pas de propositions, sans jamais se faire reprendre par les commentateurs politiques ; le comble quand on sait que François Hollande a été pendant longtemps le seul à disposer d’un programme clairement établi et diffusé sur Internet et sur le terrain. Un comble surtout quand on voit le pseudo-programme de Sarkozy, qui ressemble bien plus à une sorte de liste de course gribouillée sur un post-it collé sur le frigo à laquelle on rajoute de temps en temps des propositions à la volée pour faire plaisir à tel ou tel électorat, ou, tout simplement, pour s’assurer que le niveau de la campagne ne monte pas trop haut
Sur la question des impôts, comme sur le reste, tout est permis à droite. Et chacun, du Modem au Front National, s’offre le petit plaisir d’entretenir le mythe d’une gauche qui taxe. Mais, là encore, rien n’est moins vrai. Thomas Picketty reviens d’ailleurs sur cette question dans Libération. En réalité, les programmes de l’UMP et du PS sont au coude à coude tant concernant les dépenses que les recettes avec cette différence majeure que François Hollande, lui, explique clairement d’où viennent les nouvelles recettes (ISF, tranche supplémentaire de l’impôt sur le revenu, etc. En gros, taxer les plus riches d’abord) quand Nicolas Sarkozy se contente de donner des chiffres pour éviter d’avoir à expliquer d’où viendront les nouveaux prélèvements (TVA, taxe sur les mutuelles, etc. En gros, taxer les classes moyennes.)
Il y a, aussi, les attaques plus calculées et moins visibles. L’idée est simple : donner astucieusement à François Hollande, un positionnement plus proche du Modem que de la Gauche dans un premier temps. Faire l’éloge du Front de Gauche pour faire diminuer le score du PS au premier tour ensuite. Ainsi a-t-on pu voir récemment sur le site du Monde.fr une tribune intitulée “Centristes, nous soutenons M. Hollande” où de parfaits inconnus se revendiquant du Modem déclarent vouloir voter Hollande dès le premier tour. Une façon, donc, de montrer que si le candidat de la gauche est en mesure de rassembler des centristes, c’est qu’il en est un. Je n’irai pas jusqu’à écrire que ce soutien fortuit est une mascarade organisée par la droite… quoi que?! Les exemples du genre sont pourtant nombreux et on retiendra certainement aussi cette tribune sur l’éducation d’Alexandre Jardin, aux accents Sarkozystes, qui va jusqu’à féliciter Mélenchon pour son programme.
Et puis, plus l’échéance du premier tour approche, forcée de constater que la stratégie de pourrissement habituelle de la droite ne permet pas d’écorcher la dynamique de François Hollande dans les sondages, l’UMP décide d’aller plus loin encore. Quitte, à mettre un pied de l’autre côté de la ligne rouge qui sépare le légal de l’illégal et la décence de l’indécence. Pour cela, pas de stratégie particulière. Pas non plus de “coup médiatique”. Il aura suffit de laisser carte blanche aux « jeunes pop’ » sur les réseaux sociaux, les blogs et les sites d’informations. L’UMP ne s’embarrasse même plus de consignes de comportement sur la toile et, au contraire, encourage ceux qu’on appelle les trolls à laisser déborder leur imagination la plus salle du moment. Voici donc comment, juste après les événements de Toulouse, les internautes ont pu découvrir une photo de François Hollande légendée ainsi : “François Hollande pris en photo avec Mohamed Merah” :
En réalité, sur la photo, l’un des jeunes que la droite a dénoncé comme étant Mohamed Merah ne l’était évidement pas et le pauvre à a dû se sentir très mal en voyant ça.
Plus récemment, on a vu fleurir aussi sur les blogs et dans les commentaires du Figaro (qui joue souvent le rôle de défouloir xénophobe et raciste pour les sympathisants Sarkozystes) un pseudo-extrait d’un pseudo article citant un pseudo-discours de François Hollande dont voici le contenu :
François Hollande
« Les habitants islamiques ou pas, des cités, vous êtes l’avenir de la France. »
Le 05/03/2012, 15h à EVRY, sous les acclamations délirantes d’un public arabo-français de 6000 personnes…
« Ici, c’est la nouvelle France, celle qui émerge, celle qui engage, celle du futur… »
« Vous les habitants islamiques ou pas, des cités, vous êtes l’avenir de la France, vous êtes la génération montante, celle qui sauvera ce pays de la ruine, vous affrontez durement la réalité, je n’ignore rien de la difficulté d’accéder au logement », « au travail (…) Je sais aussi que l’insécurité n’est pas ce que dit l’opposition », a-t-il lancé.
« Je veux m’appuyer sur ses quartiers populaires (…) J’aime cette France et j’aime ces français, je n’oppose personne, je ne stigmatise personne, je ne considère pas qu’il y aurait une anti-France, bien au contraire », a poursuivi le candidat suicidaire PS. « Moi, je ne veux pas installer la peur, je veux au contraire faire émerger l’espoir » et « je veux rassembler les Français », a-t-il dit.
Jugeant « inadmissible que des jeunes citoyens comme vous ne puissent pas accéder à l’emploi à cause de leur lieu d’habitation ou de leur couleur de peau ». Il a demandé: « Est-il normal que ce soient toujours les mêmes jeunes qui se fassent interpeller, suspecter? », « est-il normal que des milliers de personnes attendent des jours dans la nuit, dans le froid, pour attendre tout simplement des papiers français ? »
« Et bien moi, je dis non ! je vais vous donner des papiers, et vous serez aussi Français que les Français de souches de ce pays…… »
Un nouveau fake particulièrement sale qui montre à quel point la droite Sarkozyste est prête à tout pour rabaisser le niveau de cette campagne présidentielle. Une stratégie déjà annoncée pourtant, dés lors que le président sortant disait vouloir faire une campagne éclair et sortir son programme le plus tard possible. Une bonne façon, sans doute, de laisser pourrir le débat et de donner le plus grand espace possible aux snipers et aux trolls de l’UMP pour surtout éviter un débat d’idée qu’il elle sait perdu d’avance.