Allocation d’autonomie : la folie de l’unef
Sébastien Le Gall | February 13, 2010
Revendiqué depuis 1946, le projet d’allocation d’autonomie de l’unef fait débat dans les universités, mais aussi au gouvernement et au sein du parti socialiste. Au delà de la question du financement d’une aide de 800 à 1000 euros pour tous les étudiants, cette revendication défendue dans les CROUS et au CNOUS par le syndicat majoritaire est largement contesté sur le principe même.
L’allocation d’autonomie justifié par la création d’un statut social étudiant qui n’a pas de raison d’être
Le projet de verser une certaine somme d’argent à tous les étudiants trouve sa justification dans la création d’un statut social étudiant. Cette thèse défendue par le Parti Communiste il y a 60 ans et reprise depuis par les motions les plus à gauche du PS se justifie comme suit : « La protection sociale vise à couvrir l’individu des « risques sociaux ». Un « risque social » est une situation qui empêche l’individu de travailler et donc d’avoir un revenu pour vivre. [...] Être en formation, c’est être en incapacité temporaire de travailler et d’avoir un revenu, cela correspond donc à la définition que donne la sécurité sociale d’ un « risque social ». » (« Pour l’allocation d’autonomie ! » – Démocratie et Socialisme). Or la sécurité sociale définie le droit à une aide financière pour toutes personnes présentant un « risque social ».
Pour l’unef, le jeune est donc un salarié en formation et doit bénéficier d’une aide sociale liée au risque social dont il fait l’objet. On trouve déjà au sein même de cette pseudo-justification une erreur logique qui est de croire qu’un étudiant est nécessairement un futur salarié. Autant une allocation à destination des autres catégories de personnes présentant un risque social est justifiable : un chômeur, un retraité ou une femme enceinte a déjà travaillé donc a déjà cotisé – autant rien ne justifie le fait de donner une allocation à un étudiant qui n’aurait jamais cotisé et dont personne n’a la garantie qu’il cotisera un jour.
La même somme pour tous : une mesure injuste et inefficace
Sur le principe toujours, l’allocation d’autonomie n’a pas toujours été définie de la même manière. Lors des élections au CA du CROUS 2006, l’unef revendiquait 800/mois/étudiants, puis 850 en 2008, cette année l’organisation a décidé changer d’orientation : l’allocation d’autonomie serait ainsi versée à tous les étudiants qui en font la demande et calculée en fonction de la situation propre de l’étudiant.
En effet, ayant constaté que le montant de l’allocation ne faisait pas consensus au seins même de l’organisation, mais aussi dans les universités et au PS, cette année l’unef à changé de tactique en préférant ne pas avancer de montant.
On peut aussi y voir une réaction face aux nombreuses critiques qui ont été faites sur ce projet. En effet, l’argumentaire de l’unef est caduque et fait largement débat. Partant du constat que les aides sociales aux étudiants sont insuffisantes, illisible et injuste le premier syndicat étudiant propose une aide unique qui viendrait remplacer l’ensemble des aides qui existe actuellement dont le montant serait suffisamment élevé pour éradiquer le salariat étudiant et le même pour tous.
Mais on comprend bien que donner un « salaire étudiant » – car c’est bien de cela qu’il s’agit – ne lutte pas contre les inégalités et même les accroît. L’allocation d’autonomie est donc injuste et inefficace car si elle permet à tous d’avoir le minimum vital, elle enrichie – de fait – les plus riches.
Une allocation calculée sur la situation propre de l’étudiant : argument caduc
Depuis cette année, l’unef a donc changé sa ligne en proposant que cette aide universelle soit calculé sur les revenus propres de l’étudiant et non plus sur celle de ses parents. Cette argument est sensé répondre au critique précédente sur l’inefficacité de verser à tous la même sommes d’argent. Deux interprétations sont possibles. La première est de dire que cette allocation sera plus élevé pour les plus démunie et quasi nulle pour les plus favorisés. Ce qui revient donc au systèmes des bourses actuelles que l’unef veut justement supprimer. Soit chaque étudiant est amené à faire une déclaration individuelle d’imposition et son allocation sera donc calculé en fonction de ses revenus propres. On comprend bien que dans un tel cas tous les étudiants toucherons la même sommes (ce qui nous ramène à la critique précédente). Et pire encore, les étudiants salariés toucherons moins que les non-salariés ce qui, en plus d’être un non-sens, est totalement dégradant puisque c’est mettre l’étudiant face à un non-choix qui est celui de ce salarié. L’unef dans la volonté de combattre le salariat étudiant en arrive désormais à faire en sorte qu’aucun étudiant n’ai le choix de se salarié et donc d’acquérir une expérience professionnelle.
Quand on comprend l’inefficacité et l’injustice de l’allocation d’autonomie, on peut alors de se demander ce qui a poussé l’unef mais aussi le PC et le PS à revendiquer une telle folie. Et bien il semblerait que ce qui a permis à tous ces intellectuels de tomber dans le piège du salaire étudiant est la question du financement. On peut en effet trouver sur le web des centaines de documents expliquant la faisabilité financière et économique de ce projet. Comme si à force de justifier par les chiffres une telle mesure, l’unef avait oublié de voir à quel point le principe même de l’allocation universelle est inadmissible !
Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche lance une enquête nationale au près 90’000 diplômés de 2007 visant à faire le point sur leur insertion professionnelle.
que je prends au sein des socialistes m’ont souvent amenés à me faire reprendre, notamment sur un point : l’unité.
vu les sondages pour les régionales. Nous sommes amené à penser que la prise de conscience collective de la nécessiter de prendre en compte l’écologie dans la vie et dans la vie politique, a eu lieu et a encore lieu. Et on voit bien qu’à l’heure où tout bon politicien n’a de cesse de parler d’écologie et de faire la promotion de ses agissements en cette matière, nombreux sont ceux qui s’en sont rendu compte.
Nous, socialiste, sommes persuader que l’homme est un moteur de progrès. Et si notre but est le progrès, il est évident aujourd’hui que l’une des conditions nécessaire à à l’atteinte de ce but est la prise en compte de l’environnement. Néanmoins, cela ne constitue en rien un but en soit. C’est sur ce point précis que socialisme et écologie politique – basée bien souvent sur une théorie de décroissance – diffèrent. Ce n’est pas la planète qui fait le progrès, mais bien l’homme. Toujours l’homme.
A quelques mois des régionales, nous voilà lancé dans un débat intéressant qui promets de nombreux rebondissement. Je ne compte pas m’attarder ici sur la question de savoir si le lancement de ce débat à l’approche d’échéance électorale est oui ou non un coup purement politicien. Je crois que mes camarades socialistes on déjà répondu à la question. Et dans tous les cas, là n’est pas l’intérêt pour moi.
à l’annonce de M. Besson. Une fois de plus Benoit Hamon se sera contenté du minimum : « Le porte-parole du PS accuse le président de la République de chercher à “limiter la casse” à quelques mois des élections régionales de mars 2010 en tentant de “mobiliser l’électorat de l’extrême droite en sa faveur”. » (lemonde.fr). Martine Aubry, elle, n’a pas encore réagit, preuve que la question risque d’être difficile à aborder. Les autres réactions sont celles de l’aile droite du parti : Royal, Moscovici, Peillon, Hollande, etc. Et tous semblent être déterminés à se saisir du débat une bonne fois pour toutes afin de ne pas « tomber dans le piège que tend la droite », à l’instar de l’ancienne candidate à la présidentielle qui demandait à l’époque de chanter la Marseillaise dans ses meetings.

Chers camarades, chers amis,
profonde qui apporte un contre projet ou une contre proposition, mais je dois avouer que l’article du Monde d’aujourd’hui (pages 2) intitulé Salaires : quand il n’y a plus de « grain à moudre » me donne envie de réagir sans pour autant pousser plus loin la réflexion.




