Je suis abonné à la carte Gaumont illimité depuis février 2004. J'en suis très content : étant donné le prix exorbitant de chaque séance (8 à 10 euros selon le cinéma), l'abonnement à 18 euros par mois est très rentable. Attention quand même à ne pas tomber dans l'excès : aller au cinéma uniquement pour rentabiliser sa carte ! Cette abonnement m'a permis d'aller voir 80 films à ce jour. Certains valaient le coût, clairement pas tous, mais là n'est pas le sujet du billet.

En 1 an et demi, j'ai pu apprécier l'évolution de la longueur des publicités avant la projections du film. Alors qu'en février 2004, la durée moyenne que j'ai observé était de 15 minutes, en juillet 2005 cette durée est passée à 30 minutes, et parfois davantage ! Ceci n'est pas systématique. Il m'est arrivée de subir 30 minutes de pub début 2004, mais c'était exceptionnel et les gens commençaient à s'exprimer vivement dans la salle. Par contre, sur tous les films que j'ai récemment visionné, les 30 minutes semblent être devenus la règle.

J'en suis venu à me demander si un jour, les distributeurs (Gaumont, Pathé, UGC...) n'allaient pas placer de la pub en plein milieu du film... mais il faudrait vraiment préparer le public à mon avis ! Sans blague, comment a-t-on pu passer dans les années 90 de 35 francs (5.5 euros) avec maximum 3 minutes de pub et 5 minutes de bande-annonce à aujourd'hui (mi 2005) à disons 9 euros (60 francs) avec 20 minutes de pub et 10 minutes de bande annonce ?

Cette flambée des publicités est d'autant plus paradoxale que cinéma (le lieu de projection) a parallèlement changé. Aujourd'hui, la grosse majorité des films sont projetés dans des complexes (grand nombre de salles, salle de jeu vidéo, petit supermarché à friandises...) qui sont indiscutablement conçus pour la rentabilité. Dans les années 90, je ne connaissais que les "petits" cinémas (4 petites salles, un guichet, une machine à pop-corn).

Ceux qui sont allé au cinéma récemment ont certainement assisté à la fausse publicité pour "Oh sky" (orthographe approximative) dans laquelle un pasteur prie dans son église pour qu'il reste des places au ciel (dans les avions "Oh sky") pour tous les fidèles : devant l'absurdité de la scène, la publicité conseille au annonceurs de passer leur pub durant les séances de cinéma. On a donc au cinéma de la pub pour que les annonceurs fassent de la pub au cinéma (ça devient grave).

Bref, le cinéma doit vraiment rapporter gros aujourd'hui, mais cela ne semble pas suffire, il faut qu'il rapporte encore plus (le profit fait parti de notre culture, ne l'oublions pas). Avec cette politique, il ne faut pas s'étonner que certains préferent choisir un film dans un logiciel de P2P, le télécharger, le visionner sans aucune publicité sur son ordinateur. Pour autant, je suis personnellement persuadé que le piratage ne nuit pas au cinéma (je le constate à chaque fois que je m'y rend : c'est souvent plein sauf aux horaires inhabituels). Par contre, la publicité, elle, nuit (gravement) au cinéma.